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Histoire du Village

Source: Texte écrit par Christophe Penin (Professeur d'Histoire) Laloubère

Loubère - La Lobeyra - Lalobere... Repaire de loup

Aucun habitat aquitano-romain n'a jusqu'ici été trouvé sur le territoire de la commune de Laloubère. Il n'y a pas de toponymes d'origine romaine. Contrairement à une idée répandue, les archives prouvent que le village ne s'est jamais appelé Laloupbatère. Elles font mention de « La Lobeyra » à la fin du XIIe siècle, « La Lobere » en 1285,« Lalobera » en 1313 et 1429...

Ces mots écrits en occitan se prononcent LaLoubère. Ce toponyme se traduit par repaire de loups. Mais, signifie-t-il qu'il y avait des animaux sauvages ou des hommes dangereux ? Elle est ceinturée par un fossé en eau, lui-même entouré par des talus qui devaient supporter une palissade.Les tessons de poterie retrouvés et l'histoire régionale incitent à dater sa construction du XIe ou plutôt du XIIe siècle. Ni le château ni le village ne devaient être bien importants en 1285 car « La Lobere » est simplement citée en tant que lieu parmi d'autres dans la « Montre de Bigorre » aux officiers du duc d'Aquitaine Le château du Moyen-Age se trouvait à 100 mètres à l'Ouest de l'actuel. Une tour en bois devait s'élever sur la motte encore visible Le damoiseau Auger de « Lalobera », vassal du comte de Bigorre, en était le seigneur en 1313. Il était le seul à pouvoir exiger des Laloubériens qu'ils apportent une aide militaire au comte. Ce dernier se réservait l'exercice de la haute justice, c'est-à-dire les causes graves.. Il est difficile de quantifier les habitants à cette date car les archives ne mentionnent que les chefs de famille qui paient des redevances au comte. On peut estimer qu'il y avait moins de dix familles soit moins de cinquante habitants.






Paroisse Saint Etienne

La paroisse Saint-Etienne (« Sanctus Stephanus de Luperia » dans les textes en latin) était encore habitée en 1342. Mais, après la crise démographique européenne de la seconde moitié du XIVe siècle, le lieu était déserté en 1379 et certainement en 1429 car « La Lobera » n'est mentionnée qu'en tant que limite des villages voisins. Combien de temps le village est-il resté désert ? Des textes du XVIe siècle prouvent que Laloubère était à nouveau habité dès 1530. Une maison rue de l'Agriculture est datée de 1575. Durant les Temps Modernes, le centre du village était la place de la « veziau » c'est-à-dire de l'assemblée des chefs de famille, le long de la route de Tarbes.

Seigneurie de Laloubère

En 1569, lors des guerres de religion, les troupes protestantes du comte de Montgomery traversèrent Laloubère qu'elles ont dû ravager comme elles le firent à Horgues et à Odos. La compagnie de chevaux-légers du vicomte de Larboust, catholique, s'installa à Laloubère durant le siège de Tarbes en 1574. De 1592 à 1594, Tarbes fut occupée par les troupes de la Sainte Ligue catholique du capitaine Étienne de Castelnau, seigneur de Laloubère. Avait-il une résidence au village ? L'actuel château est datable par son architecture classique des XVIIe et XVIIIe siècles pour l'essentiel. En 1757, Messire de Palarin vendit la seigneurie de Laloubère à la famille de Palaminy. Près du château et de la place de la « veziau », se trouve l'ancienne église de Laloubère. Elle a été maintes fois remaniée. Son clocher-mur, typique des églises de Bigorre pourrait dater de la fin du Moyen-Age. Les deux chapelles latérales réservées aux confréries et le chevet plat que l'église avait au XVIIIe siècle ont disparu.

Période Révolutionnaire



Chaque famille avait un emplacement (encore appelé « hossa », fosse à Odos) qui permettait de s'asseoir pendant la messe et d'être enterré dans l'église. Les paroissiens allaient en pèlerinage à Piétat en traversant l'Adour sur des chariots. La paroisse était une annexe de la cure d'Odos et elle était desservie par un vicaire. A la fin du XVIIIe siècle, il était très peu payé et officiait dans une église dont la charpente était vermoulue. Ce bâtiment était inondé plusieurs fois par an car Laloubère était très marécageux comme l'indiquent les toponymes « grave, graouette, mouras, laque (mare), bernata » (aulnaie). Les vieilles maisons sont bâties sur des élévations du terrain( pujolle) bordées de fossés drainants.

Laloubère passa de 72 familles en 1695, soit environ 300 personnes, à 633 habitants vers 1793, 702 en 1806 et 1050 en 1856. Cette évolution correspond à l'augmentation de la population enregistrée en Europe de l'Ouset depuis la deuxième moitié du XVIIIe siècle. L'église devenue trop petite, son état de vétusté qui obligeait à de nombreuses réparations dans la première partie du XIXe siècle, firent qu'en 1852, il fut décidé d'en construire une autre dans le nouveau centre du village.

Pendant la Révolution française, le village de Laloubère connut quelques moments mouvementés. Ainsi, en 1791, la grande majorité des Laloubériens a soutenu le prêtre interdit car il refusait, pour des raisons religieuses, de prêter la totalité du serment demandé par la loi révolutionnaire sur le statut du clergé. Ce problème de conscience eut des conséquences politiques en provoquant des contestations de la loi et des tensions entre Laloubériens qui s'insultèrent et se menacèrent. La même année le village servit de cadre à une attaque menée par les bergers de Bénac contre la police ! En 1793, la mère-supérieure de l'hôpital de Tarbes, suspecte aux yeux desrévolutionnaires de la Terreurse cacha dans le bois de Laloubère où elle fut arrêtée. A la même époque, deux Laloubériens furent inscrits sur la liste des suspects contre-révolutionnaires puis, mis en réclusion.

Le XIXème siècle

Sous la période napoléonienne, Monsieur de Palaminy qui s'était rallié à la cause bonapartiste fut nommé maire du village par le préfet. La visite de la duchesse d'Angoulême, fille de l'ancien roi Louis XVI, fut commémorer par une colonne de style dorique. A la veille de la Révolution de 1789, le cahier des doléances des Laloubériens réclamait surtout l'égalité devant la loi comme partout en France. De plus, il demandait la suppression des « inutiles et coûteux » haras, financés par un impôt.Cette fermeture ne fit rien pour limiter la dégénérescence de la race chevaline locale. Mais, depuis la réouverture du dépôt d'étalons à Tarbes en 1806, les croisements permirent d'améliorer grandement cette race. Ceci explique qu'au XIXe siècle, l'élevage des poulinières qui fournissaient des chevaux pour l'armée par exemple, rapportait bien aux éleveurs laloubériens. L'hippodrome, ouvert dès 1809, attirait beaucoup de monde des environs plus des curistes l'été dont la fille de Louis XVI. Les prix stimulaient les éleveurs. Les Laloubériens étaient surnommés « los corsièrs ».Le maïs, les haricots et surtout les légumes ainsi que le lait, vendus quotidiennement à Tarbes, enrichissaient les agriculteurs. En 1856, outre les trois-quarts d'actifs vivant de l'agriculture, Laloubère comptait 13 tisserands et 25 autres artisans divers et commerçants. Vers la fin du XIXe siècle, en raison du développement de l'industrie, du commerce et du déficit de logements à bas prix à Tarbes, de nombreux travailleurs vinrent coucher à Laloubère. Ceci limita pour ce village la dépopulation qui frappait le département.En 1783, l'instituteur, essentiellement payé par les parents d'élèves, faisait classe chez lui. Il enseignait à 40 enfants dont des filles de 12 ans maximum. Les instituteurs continuèrent à faire cours chez eux jusqu'en 1861, date à laquelle la municipalité acheta une maison (à l'emplacement de l'actuelle école maternelle).

Une école privée, dotée par la famille Palaminy, ouvrit en 1850. Elle était tenue par les Filles de la Croix qui, au départ, n'enseignaient qu'aux filles. Une maison commune existait sous la Révolution mais, de la période napoléonienne à 1861, le conseil municipal se réunissait généralement chez le maire. L'actuelle mairie-école date de 1890.

L'église dédicacée à Saint Etienne

Comme la mairie, la nouvelle église fut construite sur un terrain communal, marécageux («la grava») où il fallut faire de gros travaux d'assainissement. Elle fut édifiée entre 1858 et 1864 dans le style néo-gothique. Celui-ci est une reprise au XIXe siècle de l'art gothique du Moyen-Age. Plusieurs églises ( Bernac-Dessus, Bordères...)dessinées par l'architecte départemental J.-J. Latour sont de style néo-gothique.

En pénétrant dans la nef, nous sommes frappés par le volume de l'édifice (environ 4200 m3), par la hauteur de la voûte ( ≅ 12 m.). La difficulté technique, résolue par l'art gothique, est d'éviter que les murs latéraux ne s'écartent sous le poids de la voûte en brique. A cet effet, les forces qui s'exercent sont canalisées par les arcs en forme d'ogives qui se croisent, permettant ainsi de répartir la poussée de la voûte sur quatre gros piliers d'angle, eux-mêmes soutenus par des contreforts à l'extérieur. De plus, le plan de la nef à travées rectangulaires et non carrées, permet de rapprocher les piliers, ce qui réduit la charge qu'ils supportent. La poussée de la voûte ne s'exerce pas sur les murs qui peuvent donc être percés de grandes verrières. Vu la situation du terrain, ouvert à l'Est sur la route, le chevet de l'église ne fut pas orienté, ce qui était assez rare à l'époque. Les dimensions de l'édifice (≅ 38 × 14.2 m.) sont importantes.La flèche culmine à plus de 37 mètres. Cette église est dédicacée à Saint-Étienne, patron de la paroisse. Ce diacre, tué par lapidation, est considéré comme le premier martyr de l'histoire chrétienne. Il est représenté sur le vitrail à droite de l'abside. Sur le vitrail du centre, le Christ-roi est surmonté de l'étoile de David. Le registre inférieur nous montre Jésus enseignant aux sept docteurs de la Loi dans le Temple de Jérusalem : le christianisme est issu du judaïsme. Dans le vitrail de gauche, la femme de l'Apocalypse symbolise Marie et l'Église. La hiérarchie catholique est d'ailleurs représentée au-dessous. Sur le vitrail qui surmonte la tribune, le triangle, symbolisant la Sainte Trinité, nimbe la tête de Dieu le Père accueillant. Au-dessous, les armes du pape Pie IX et de Mgr Laurence qui consacra cette église. A notez les armoiries du comte de Bigorre dans la chapelle latérale du Sacré-Coeur.

Monographie de Laloubère

Source: Amicale des Bigourdans de Paris

Monographie élaborée en 1887 par l'instituteur de Laloubère (65). ce travail a été demandé à tous les instituteurs de France. Ces monographies peuvent être consultées aux archives départementales.

Situation géographique : limites, étendue, distance aux chefs-lieux de canton, de l'arrondissement, du département, description, physique du pays ; relief du sol : montagnes, nature des roches qui les constituent, curiosités naturelles ; richesses du sol ; cours d'eau, leurs débits ; leurs crues ; gués ; canaux ; lacs. Eaux potables. Sources thermales et autres ; leur débit ; leurs propriétés ; stations thermales ; leur fréquentation. Altitude ; climat ; vents ; pluies ; température ; salubrité. __ La commune de Laloubère est située dans une charmante plaine, au midi de Tarbes. Son territoire a pour limites au levant Soues, au midi Horgues, au couchant Odos et au nord Tarbes. Pris dans sa plus grande étendue ce territoire s'étend du levant au couchant sur une longueur de 2200 mètres, et du nord au sud sur une largeur de 2100 mètres. Laloubère se trouve à 2 km de Tarbes qui est son chef-lieu de canton, d'arrondissement et du département. Le terrain est plat, cependant le quartier de la Pujolle forme un petit dos (plaine de l'Adour)

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Le sol est riche. Pas un mètre carré qui ne donne son revenu. On paye les fermes 600 francs l'hectare de labourables, 290 francs les prés au quartier du château et 250 francs au quartier de l'Adour. La commune de Laloubère est traversée par l'Adour, petit fleuve qui descend des Pyrénées et son débit moyen est de 7 à 8 mètres cubes et dans les crues qui arrivent toutes les années, ordinairement au mois de mai et de juin ce cours d'eau a un débit maximum de 500 mètres cubes par seconde. En aval du pont de l'Adour de Tarbes, on a commencé il y a quelques années, des digues qui encaissent le petit fleuve. Elles ont depuis leur construction résisté aux crues que nous avons eues. Il serait nécessaire que ces digues fussent continuées jusqu'au Pertuis, point sur l'Adour, où les canaux qui arrosent Tarbes prennent naissance. Des crues récentes ont détruit en partie les ouvrages de la prise d'eau, et l'Adour pourrait bien prendre quelque beau jour la direction des canaux et inonder la ville de Tarbes en détruisant les prairies qui se trouveraient sur son passage. Les canaux qui arrosent le reste du territoire et qui dérivent tous de l'Adour sont : la Gespe, le Canal du moulin, la Gaou Darré et la Gaou daban. A travers les couches de gravier qui sont dans toute la plaine de l'Adour s'infiltrent les eaux de pluie et donnent lieu à Laloubère à de nombreuses sources. Voici comment : Laloubère est bâti, en grande partie, sur un terrain dont le sol jusqu'à une certaine profondeur, est du gravier, mais il n'en est pas ainsi du côté de la Pujolle où se trouve le champ de manœuvres et l'hippodrome. Là, la couche de terrain qui se trouve après la couche arable, est tout à fait



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argileux et ensuite c'est du tuf. L'eau qui vient à travers les couches de sable et de gravier, rencontrant ce tuf, sort du sein de la terre et donne lieu à de nombreuses sources d'eau potable que les habitants utilisent pour les différents soins du ménage. On peut citer les sources suivantes : Derrière Lahon - Debat qui a un débit de 44 litres par minute Lahon-Debat id 12 Barbé id 12 Haure-Petit id 60 Bayonne id 15 Toutes ces sources se trouvent dans les maisons placées au levant de l'hippodrome . Dans les autres quartiers on a des puits dont la profondeur est de 3 à 4 mètres. Le climat est très bon et les pluies sont abondantes, mais complètement à découvert, Laloubère est exposé à tous les vents. Les plus remarquables sont ceux qui soufflent parfois avec violence au moment des orages. Les vents du Nord y sont aussi très connus à cause du froid qu'ils apportent surtout à l'équinoxe du printemps. Pour la localité, les vents de l'Ouest et du Sud sont un signe de pluie, les de l'Est et du Nord amènent un temps sec et beau. (1) D'une manière générale on peut dire que Laloubère est très favorisé des pluies pour la fertilité de son sol ; cependant les habitants trouvent quelquefois qu'elles tombent trop en grande abondance en automne et en hiver ; et, en retour, il arrive presque chaque année, qu'elles font défaut pendant une certaine partie de l'été, ce qui occasionne une sécheresse plus ou moins préjudiciable. Laloubère jouit d'une température modérée, comme le prouve sa moyenne annuelle qui est environ de 13 degrés (1) L'altitude est 333 mètres.







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Le village de Laloubère est salubre. Le sol perméable. Les trois quarts des maisons sont bâties sur des alluvions de l'Adour et son bien aérées. Autrefois la place de Lagrave, située au centre du village et où viennent pondre quantité de griffons d'eau douce, était très malsaine, mais aujourd'hui, elle n'offre aucun danger pour la santé publique : ce terrain a été drainé et bien assaini. L'hippodrome En 1522, Antoine de Castelnau, seigneur et marquis de Laloubère, fit cession à la commune de la lande nommée la Pujolle, à la charge d'une redevance féodale qui devait être payée annuellement par chaque chef de maison ; La loi du 17 juillet 1793 abolit les redevances féodales et la ladite lande devint propriété communale. En 1808, on y établit le champ de courses, mais il n'avait qu'un parcours de 1500 mètres. En 1852, la commune acheta quelques ares de terrain, afin de donner à la piste 2000 mètres. Alors la société des courses fit construire des tribunes, elle paya un cantonnier et on passa un bail à ferme avec la commune. En 1841, dans l'intérieur de l'hippodrome on fit un champ de manœuvre pour la garnison deTarbes. Presque tous les jours, les deux régiments d'artillerie, le 14e et le 24e, viennent sur la lande de la Pujolle en traversant le village. II Chiffre de la population d'après le recensement de 1886. Ce chiffre tend-il à diminuer ou à s'accroître ? Pour quelles causes ?



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Divisions en sections, hameaux, quartiers - Population approximative de chaque groupe ; nombre de feux ; organisation municipale, fonctionnaires municipaux et autre. Comment la commune est-elle desservie pour les cultes, les finances (perception), les postes et télégraphes. Valeur du centime - Revenus ordinaires __ Le chiffre de la population d'après le recensement de 1886 est 981 habitants. Ce chiffre tient à augmenter : les habitants sont laborieux ; ils soignent beaucoup leurs terres et les travaillent bien : aussi, presque toujours ils ont de bonnes récoltes. Presque tous font venir des légumes et trouvent ainsi à vivre à côté de la ville, quoique les neuf dixièmes payent des fermes. Une autre cause, c'est qu'il y a beaucoup d'ouvriers de Laloubère qui vont travailler tous les jours à la ville et se retirent le soir dans leurs maisonnettes. Ces ouvriers se logent à moitié prix qu'à la ville et n'ont pas d'octroi à payer. Ces avantages font que des ouvriers étrangers viennent payer loyer à Laloubère. Parfois, ils achètent ou construisent une maisonnette et se fixent définitivement au village. Le territoire se divise en trois sections : la section A qui comprend les quartiers de la Chataîgneraie, du Château et de la Séquette ; la section B qui comprend les quartiers des Barraques, du Béziau, de Lagrave, du Bousquet, du Village, de la Bergerie et du chemin de Soues ; la section C qui comprend le quartier du Moulin, de Lasbaches et de la Gaou daban. Le village se trouve construit à la section B et il occupe une partie des quartiers de la Châtaigneraie du



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château, des Barraques, du Béziau, de Lagrave, du Bousquet du Village, de la Bergerie de Soues. Pas de groupe proprement dit. Le village a une population de 181 habitants, 256 feux et 235 maisons. Pour l'administration communale le Maire est assisté d'un seul adjoint. Le conseil municipal est composé de douze membres. Le culte catholique est le seul professé dans la localité où se trouve un desservant assisté d'un vicaire. Un groupe de communes du canton de Tarbes (sus) forme une perception dont le chef-lieu est Laloubère. Pour les postes et télégraphes, la commune est desservie par les bureaux de Tarbes. Le centime communal vaut à Laloubère 46,66. Les revenus ordinaires de la commune consistent dans le produit des centimes communaux, dans l'attribution sur les patentes, sur la chasse, sur la taxe des chiens. Mentionnons encore la vente des branches provenant de l'élagage des nombreux platanes qui sont sur les places publiques et autour de l'hippodrome ; la vente de glands, de boues, le prix de la ferme du champ des manœuvres et le prix de la ferme du champ de courses, le tout donnant un revenu net annuel d'environ 5500 francs. III Productions : quantités ; culture principale ; procédés de culture ; bois et forêts ; essences ; reboisement ; produits des forêts ; régime forestier ; vignes ; phylloxéra ; date de son apparition ; étendue de ses ravages - Animaux ; troupeaux divers ; chasse



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et pêche Produits de toute nature : mines et carrières exploitées ou à exploiter, usines, moulins, manufactures, etc. Voies de communication : routes, ponts, époques de leur construction - Voies ferrées et autres moyens de transport ; moyens de communication avec les chefs-lieux du canton, de l'arrondissement , du département, voitures publiques, diligences, etc. commerce local, mouvement des échanges, foires et marchés è Mesures locales encore en usage. ___ Les propriétaires et les fermiers soignent bien leurs terres, jamais de récolte sans fumier : aussi l'hectare de terrain produit en moyenne 40 hectolitres de maïs avec 4 hectolitres de haricots et ordinairement 280 hectolitres de pommes de terre. Quant au froment il ne donne guère que 18 hectolitres par hectare. Les principales cultures sont celles du maïs, des haricots et des pommes de terre. A Laloubère on n'emploie guère des procédés nouveaux de culture ; on travaille la terre comme on l'a toujours travaillée, on se sert cependant de la charrue en fer et de la batteuse. Nous n'avons dans la commune que 11 hectares de bois : il appartient à M. le Marquis Eimar de Palaminy. Le revenu qu'il en retire est à peu près nul. On ne compte à Laloubère que quatre-vingt ares de vigne, le phylloxéra n'y a pas encore apparu. Dans la commune, il y a actuellement 26 poulinières anglo-arabes qui donnent de beaux produits et que l'on prépare ordinairement pour l'armée. Ainsi en 1886, les propriétaires de Laloubère ont vendu une vingtaine de chevaux, tous à de bons prix, de 8 à francs.



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Il est rare que dans chaque maison on ne possède d'une à trois paires de vaches, presque de la race de Lourdes, c'est qu'on cherche à avoir autant de lait que possible pour aller le vendre à Tarbes. De cinquante à soixante femmes portent tous les matins à la ville de 5 à 600 litres de lait renfermé dans des vases en fer blanc, de forme de cône tronqué, contenant chacun trois quarts de litre et appelés vulgairement tasses. Dans la commune nous n'avons qu'un seul troupeau. Il appartient au nommé Cantet il est composé d'une cinquantaine de brebis qu'on envoie à la montagne pendant l'été. Il n'y a guère à Laloubère du gibier que pendant les mois d'août, de septembre et d'octobre. Alors, on trouve des cailles et des râles. C'est ordinairement à la fin de septembre et au commencement d'octobre que les cailles et les râles arrivent en grand nombre. C'est alors qu'ils peuvent se cacher dans les millets dont plus de la moitié des champs sont couverts et où ils trouvent une abondante nourriture. On voit aussi des alouettes, mais pas un lièvre, pas un perdreau, pas d'autre gibier. Il y a vingt ans les petits poissons, gougeons, loches et vérons se trouvaient en abondance dans les canaux qui arrosent les prés, aujourd'hui, ils sont devenus très rares et pas une écrevisse depuis 1883. Elles ont disparu dans tous les canaux qui dérivent de l'Adour. On ne sait à quoi en attribuer la cause. Au printemps, on trouve dans le lit de l'Adour, quelques gougeons, quelques anguilles, quelques truites ; mais dès que l'eau vient à diminuer, on empoisonne tout, aussi, les poissons deviennent de plus en plus rares.









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Nous n'avons dans la commune ni mines, ni carrières, ni usines, ni manufactures. Un simple moulin seulement, tout à fait au levant du village, sur un canal de l'Adour. Il se compose de quatre meules et de deux tamis. Laloubère est traversé du sud au nord par la route nationale N° 135 qui relie Bagnères de Bigorre et Campan à Tarbes. Nous avons encore le chemin d'intérêt commun N° 13 de Juillan à Barbazan.-Debat qui traverse la commune du couchant au levant ; le chemin de petite vicinalité qui va de Tarbes à Horgues en traversant Laloubère En 1886 un autre chemin a été classé, il porte le N° 6 et part du nord-est de l'hippodrome, longe le bois de M. le Marquis Eimar de Palaminy et aboutit à Tarbes au couchant de la caserne du 24e d'artillerie. On travaille actuellement à un élargissement. Probablement lorsqu'il sera terminé l'artillerie passera souvent dans ce chemin pour se rendre au champ de manœuvres. Les autres chemins classés sont des chemins de ceinture qui ne font pas communiquer Laloubère aux localités voisines. Nous n'avons dans la commune que des ponceaux construits sur les canaux d'irrigation. Pas de voie ferrée, pas de diligence, pas de voiture publique, mais il y a dans le village plus de trente charrettes et au moins autant de véhicules suspendus au moyen desquels on transporte les denrées aux marchés de Tarbes ou de Bagnères . Parfois aussi on attellera les vaches au char pour porter au marché des pommes de terre, du maïs, etc.

Le commerce local est peu important : 3 épiciers, 2 bouchers dont l'un va vendre tous les jours à la halle Brauhauban



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à Tarbes et chez lequel on trouve toute espèce de viande, deux charcutiers, trois marchands de son et de farines et un marchand de haricots. Pas de poires, pas de marchés. En fait de mesures locales, on se sert encore du journal, mais tout le monde sait qu'il est composé de vingt-deux ares quarante-trois centiares, de la tasse de lait qui vaut ¾ de litre, de la tasse de vin qui vaut ½ litre, de la canne, du pan, du pouce pour les planches ; mais aujourd'hui, ces dernières mesures sont remplacées par le mètre carré et dans quelques années, elles auront complètement disparu. IV Etymologie probable du nom ; histoire municipale ; traditions et légendes ; biographie sommaire des personnages célèbres nés dans la commune ; idiomes ; chants ; Mœurs ; cultes ; costumes ; alimentation Monuments Archives communales ; documents officiels destinés à établir l'histoire de la commune ; ouvrages ; monographies ; écrits sur la commune ; auteurs ; éditeurs ; etc. La tradition veut que le mot Laloubère vienne du mot Laloupbatere qui veut dire en patois pays des loups. Cela est-il vrai ? On n'en sait rien, aucun document ne le prouve. Le fait est que le bois du château existe depuis un temps immémorial et il se trouvait au levant de ce bois une certaine quantité de marécages où croissaient les aulnes et les ronces formant des buissons très propices pour cacher les loups. On lit dans l'histoire de la Bigorre par l'abbé Colomez